09 août 2007
Des nouvelles...
Ces jours-ci, je suis aux abonnés absents pour deux raisons. Il y a, d'une part, ce déménagement. Mais il y a aussi, et surtout, la santé de mon père qui s'est détériorée depuis le début de l'été.
Il a terminé les séances de radiothérapie début juillet et depuis, jour après jour, il décline. Imperceptiblement, ses centres d'intérêt ont rétréci comme une peau de chagrin. Il s'est enfoui dans ses pensées, en regardant ses mains devenues immobiles, peu à peu incapables de saisir les objets, de boutonner ses vêtements, de manier les couverts, de le raser, de prendre des pilules, de tenir la seringue pour l'injection d'insuline, de porter son bol de café jusqu'à sa bouche ... Des étrangères qu'il regarde sans les reconnaitre. Des lâcheuses qu'il semble interroger, interrompant pour cela, toute action commencée une minute plus tôt. Il débute son repas et ne le poursuit pas. Manger n'a plus d'importance. Il en a perdu l'envie, le goût...
Depuis vendredi dernier, il est hospitalisé. Il ne se nourrissait plus, ne buvait plus, ne dormait plus tant il souffrait.
Ce soir, les résultats de la prise de sang n'étaient pas bons.
Il n'y a rien d'autre à faire qu'à attendre les autres résultats, ceux de l'IRM, ceux du scanner...
J'espère que la Petite reverra son grand père. Et dans le même temps, je me dis que s'il doit partir autant que ce soit dans la paix et non dans la souffrance, autant qu'il s'endorme tranquillement...
Commentaires
Je suis bien d'accord avec ta dernière phrase et je lui souhaite sincèrement, et à vous tous, qu'il en soit ainsi. Parce que garder une image de paix est important aussi pour ceux qui restent.
et garder une image de la vraie vie aussi... courage!
Kléger>C'est important en effet. C'est la conclusion à laquelle nous sommes arrivées, ce soir, ma mère et moi. Elle partage son quotidien et son sentiment d'impuissance était immense devant les souffrances qu'il endurait ces dernières semaines...
Karagar>Merci.
Depuis la première note que j'ai lue et commentée au sujet de la santé de ton père, pas mal de temps a passé et je ne pensais vraiment pas que l'on en serait là aujourd'hui. C'est en effet terrible. J'ai toujours eu un rapport délicat avec la maladie et la mort des proches qui me font peur. Je n'ose même pas imaginer l'état dans lequel je serai quand ça m'arrivera. Tu as un courage extraordinaire et je note ta grande sagesse sur le sujet à la fin de la note.
Je suis de tout coeur avec vous. J'aimerais pouvoir dire des choses plus profondes, mais l'émotion m'envahit... Que mes pensées vous accompagnent.
Cornus> Nous l'ignorions tous. A dire vrai, une autre chimio était prévue, mais dans l'état de faiblesse dans lequel il se trouve, il est fort probable qu'elle n'ait pas lieu... L'état de peur que tu décris était celui dans lequel je vivais en évoquant la mort de ma petite grand mère.Mais au final, même si elle me manque physiquement, j'ai transcendé sa disparition par une sorte de dialogue intérieur permanent.Pour moi, elle est toujours là.
Je ne crois pas que ce soit du courage, tout au plus l'acceptation de notre condition. Les personnes âgées qu'il m'a été donné de côtoyer dans mon métier, mais aussi dans la nombreuse fratrie de ma grand mère m'ont certainement fait ce cadeau-là... Et puis, il faudra, un jour que je vous parle d'eux.
Fromfrom> merci
J'ai fait ce voyage avec mon père,il y a cinq ans. Tout ce que l'on peut faire pour eux est de leur épargner trop de souffrance et des les accompagner pour qu'ils partent paisiblement. Je te souhaite du courage pour ce passage si difficile.
C'est à cause de notes comme ça que je n'arrive pas à répondre à ton mail, je ne t'écrirai qu'après le scanner de contrôle de mon homme...
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